Centre intégré universitaire de santé et
de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal

Façonner le Dossier santé numérique: au cœur du rôle de l’analyste applicatif

Analyste applicative en prêt de service au Centre d’expertise du Programme Dossier santé numérique (DSN), Julie Martin contribue à adapter le système Epic aux besoins du réseau québécois.  

Au quotidien, elle vérifie si les formulaires, les flux de travail et les informations utilisés dans les milieux de soins existent dans le système de base et, lorsque ce n’est pas le cas, elle les conçoit et les configure entièrement pour qu’ils reflètent les pratiques actuelles. 

« Chaque champ, chaque bouton, chaque séquence doit refléter nos pratiques. » 

Cette tâche exige une compréhension fine du terrain, une force que lui procure sa longue expérience clinique en soins infirmiers, principalement en périnatalité, qu’elle met aujourd’hui au service de la construction d’un outil qui reflète fidèlement les pratiques actuelles et facilite le travail des équipes cliniques. 

Une expertise soutenue par une formation EPIC intensive 

Pour exercer ce rôle hautement spécialisé, Julie Martin a suivi une formation exigeante d’Epic comprenant cours, examens supervisés et travaux pratiques. Cette formation approfondie vise à assurer une compréhension fine de chaque élément du système. Elle a notamment complété la formation de base ainsi que celle du module Stork, dédié à l’obstétrique. Elle a également obtenu plusieurs badges de compétence lui permettant d’agir comme personne-ressource au sein de l’équipe d’analystes applicatifs.  

Une configuration élaborée en collaboration avec le réseau 

La configuration d’Epic destinée au Québec s’est faite en étroite collaboration avec divers groupes de travail. Pour le volet obstétrique, par exemple, les décisions impliquaient des représentants des deux sites vitrine (CIUSSS du Nord‑de‑l’Île‑de‑Montréal et CIUSSS de la Mauricie‑et‑du‑Centre‑du‑Québec), des experts de Santé Québec ainsi que des professionnels provenant d’autres établissements, dont l’Hôpital Sainte‑Justine pour les besoins spécifiques comme les soins intensifs néonataux. Ensemble, ils validaient chaque élément afin de s’assurer qu’il respecte les orientations provinciales, les exigences futurs et les besoins du terrain. 

Trouver l’équilibre : concilier les réalités locales dans un système provincial 

L’un des défis les plus marquants lors des prises de décisions dans les groupes de travail est l’absence d’unanimité. Les participants viennent de milieux très différents, chacun avec ses habitudes, ses outils et ses façons de faire. « Vous venez tous d’un endroit différent, avec des façons de faire différentes. Mais Epic ne peut pas être personnifié — c’est une configuration provinciale. » Julie Martin doit souvent rappeler cette réalité : il n’est pas possible de reproduire chaque particularité locale dans un système commun. La recherche d’un consensus devient alors essentielle, même si elle amène parfois des discussions serrées et des points de vue divergents. Son rôle consiste à favoriser l’échange, à clarifier les enjeux et à dégager des solutions équilibrées qui respectent à la fois les besoins du terrain et les limites du système. 

« On cherche toujours un juste milieu : répondre à votre besoin tout en respectant ce que le système est réellement capable de fournir. »

La «  feuille 7 du dossier obstétrical  » : un exemple concret de création sur mesure 

Parmi les réalisations de Julie Martin, la construction complète du formulaire gouvernemental AH‑272, aussi appelé « feuille 7 », illustre bien la portée de son rôle. Utilisé quotidiennement pour résumer l’accouchement, ce formulaire essentiel n’existait pas dans le système de base d’Epic.  L’équipe l’a donc bâti entièrement, champ par champ, en collaboration avec les experts cliniques. 

Un impact durable pour les professionnels et les usagers 

Bien sûr, une période d’adaptation sera nécessaire. Mais Julie Martin est optimiste. Elle sait que tout le temps passé aujourd’hui à réécrire des entêtes, à répéter les mêmes informations ou à jongler avec une pile de formulaires, ce sont autant de minutes qu’on pourra récupérer avec le DSN. 

Elle l’espère sincèrement : une fois la paperasse allégée, les professionnels auront un peu plus de temps pour être réellement présents auprès des usagers. 

« Si, au bout de la journée, un intervenant peut passer quelques minutes de plus avec l’usager plutôt qu’avec un formulaire, alors on aura fait un pas dans la bonne direction. » 

Ce n’est pas une révolution du jour au lendemain. Mais c’est une promesse d’amélioration, graduelle, tangible, humaine. Et pour Julie, c’est là que se trouve tout le sens du DSN. 

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