Le projet du Dossier santé numérique (DSN) transforme la gestion des soins de santé pour notre organisation et pour tout le Québec, avec des changements majeurs pour les professionnels du secteur. Geneviève Beauchamp-Vien, chef de service par intérim au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, nous partage son parcours et ses perspectives sur l’impact du DSN, une initiative qui vise à améliorer l’efficacité et la qualité des soins.
Pouvez-vous décrire un peu votre parcours des dernières années au CIUSSS NIM?
J’ai commencé ma carrière au CIUSSS NIM en 2010 en tant que physiothérapeute, à l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, principalement dans les domaines de la traumatologie et des soins intensifs. En 2019, j’ai intégré la cohorte de relève des cadres, assumant des rôles de coordonnatrice professionnelle et conseillère cadre pour le développement des pratiques professionnelles. En 2022, j’ai rejoint l’équipe du Dossier santé numérique, d’abord comme conseillère cadre pour les pratiques professionnelles, puis en intégration clinique. Depuis août, je suis chef de service par intérim.
Dans quelles circonstances avez-vous intégré l’équipe et qu’est-ce qui vous a motivé à faire cette transition?
J’ai rejoint l’équipe DSN de manière naturelle après ma nomination comme conseillère cadre, où j’ai représenté le CIUSSS NIM à la Table de concertation provinciale pour l’informatisation clinique (TCPI). Ayant suivi le projet DSN depuis 2021, j’étais ravie d’apprendre que notre établissement serait un site pilote. Lorsque le bureau du DSN a été créé, j’ai accepté de représenter les pratiques professionnelles des services multidisciplinaires.
En quoi votre expérience passée sur le terrain apporte-t-elle un plus dans la réalisation de votre nouveau rôle?
Mon expérience passée m’apporte deux avantages principaux dans mon rôle actuel. D’abord, ma connaissance de l’organisation et des relations établies facilite les interactions et permet des échanges authentiques pour mieux comprendre les enjeux et y répondre efficacement.
Ensuite, mon vécu me permet de saisir le contexte des personnes avec qui je travaille. Je peux ainsi adapter nos demandes pour qu’elles perturbent le moins possible leur quotidien. Cela m’aide également à comprendre leurs préoccupations et ajuster notre méthodologie afin de soutenir au mieux, malgré les exigences du projet DSN.
En tant que physiothérapeute, comment pensez-vous que le Dossier santé numérique pourrait améliorer la qualité et l’efficacité de votre travail et ceux de vos collègues au quotidien?
Le Dossier de santé numérique pourrait améliorer considérablement la qualité et l’efficacité du travail quotidien des physiothérapeutes. Tout d’abord, il simplifierait l’accès à l’information, permettant à tous les intervenants d’avoir instantanément accès aux notes des patients, ce qui améliore la communication et la coordination de l’équipe.
Il réduirait aussi les tâches administratives chronophages, telles que l’impression et l’envoi de notes par fax ou courriel, accélérant ainsi les processus. De plus, la gestion des horaires serait facilitée, réduisant les conflits de planning avec d’autres services.
Enfin, le système favoriserait une meilleure collaboration avec les patients en leur offrant un accès direct à leurs informations et programmes d’exercices via un portail, leur donnant ainsi plus d’autonomie et permettant un suivi plus efficace de leur progression.
Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans le projet DSN?
Je me sens très chanceuse d’avoir l’opportunité de participer à ce projet d’envergure. Je suis également ravie d’être dans une position où je peux soutenir les gens, les accompagner tout au long de cette transition, et veiller à ce que celle-ci se déroule de la manière la plus harmonieuse possible. Offrir ce soutien à mes collègues est vraiment gratifiant.
Je trouve également très intéressant de vivre ce changement et d’y assister. J’aurais aimé pouvoir vivre cette transformation en tant que clinicienne. J’espère avoir la chance de l’expérimenter plus tard, car je suis convaincue que cela va profondément améliorer les conditions et les pratiques, ainsi que le quotidien des professionnels de santé. Je suis un peu déçue de ne pas pouvoir le vivre directement, mais c’est cette perspective qui me motive le plus par rapport à ce projet.
Que diriez-vous à un collègue qui appréhende l’arrivée du DSN?
En réalité, je comprends parfaitement les appréhensions que certaines personnes peuvent avoir face à ce changement. C’est vrai que nous n’avons jamais vécu une telle transformation dans notre carrière au sein du réseau de la santé au Québec, et il est peu probable que nous en connaissions une autre aussi significative. C’est une transition majeure qui apportera son lot de changements.
Cependant, je suis convaincue que ce changement est positif. Il est certain qu’il nous obligera à sortir de notre zone de confort, ce qui pourrait générer des tensions. Mais je pense que ces difficultés seront temporaires et bien encadrées. Les bénéfices que nous en tirerons à long terme compenseront cette période d’inconfort.
Nous savons cela aussi grâce aux retours d’autres établissements qui ont déjà vécu cette transition. Bien qu’ils aient trouvé cela difficile, personne ne souhaiterait revenir à leur ancien fonctionnement. Ils sont maintenant contents d’avoir fait ce passage, car cela a conduit à une amélioration significative.
Comment voyez-vous la profession de physio dans les prochaines années, avec l’arrivée du DSN?
Avec l’arrivée du Dossier de santé numérique (DSN), la profession de physiothérapeute deviendra plus fluide et efficace. Chaque matin, je pourrai consulter une liste de patients préétablie que je pourrai ajuster selon les besoins des usagers et de l’équipe, facilitant ainsi la gestion de mon emploi du temps. L’accès instantané aux informations essentielles des patients simplifiera la préparation des interventions, qu’il s’agisse d’évaluations ou de traitements. La documentation sera plus rapide, car je pourrai saisir mes notes en temps réel après chaque séance, sans avoir de tâches administratives en fin de journée.
De plus, la messagerie sécurisée intégrée facilitera la communication avec mes collègues, éliminant le besoin de déplacements pour des appels, ce qui permettra un meilleur partage des informations et plus de temps consacré aux patients.
